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Le grand métingue du Métropolitain

Le grand métingue du Métropolitain

Paroles de Mac-Nab Musique de Camille Baron (1880)

Mac-Nab, chansonnier plutôt conservateur, se moquait à travers cette chanson des ouvriers et de la montée du syndicalisme. Il ne s’est jamais pris lui même très au sérieux, et c’est plutôt un hommage posthume que lui ont fait les syndicalistes en adoptant cette chanson sans arrière-pensées. C’est devenu un des classiques du répertoire ouvrier du début du XXeme siècle. Le métropolitain dont il est question ici est probablement une salle lilloise affectée à la vie associative et aux grandes réunions publiques ou syndicales. Émile Basly est un ancien mineur devenu député. Zéphirin Camélinat était ouvrier graveur nommé directeur de la Monnaie sous la commune, exilé après la semaine sanglante et finalement élu député en 1885.

C’était hier, samedi, jour de paye,
Et le soleil se levait sur nos fronts
J’avais déjà vidé plus d’un’ bouteille,
Si bien qu’ j’m’avais jamais trouvé si rond
V’là la bourgeois’ qui rappliqu’ devant l’ zingue :
« Feignant, qu’ell’ dit, t’as donc lâché l’ turbin ? »
« Oui, que j’ réponds, car je vais au métingue,
Au grand métingu’ du métropolitain ! »

Les citoyens, dans un élan sublime,
Étaient venus guidés par la raison
A la porte, on donnait vingt-cinq centimes
Pour soutenir les grèves de Vierzon
Bref à part quatr’ municipaux qui chlinguent
Et trois sergots déguisés en pékins,
J’ai jamais vu de plus chouette métingue,
Que le métingu’ du métropolitain !

Y avait Basly, le mineur indomptable,
Camélinat, l’orgueil du pays
Ils sont grimpés tous deux sur une table,
Pour mettre la question sur le tapis
Mais, tout à coup, on entend du bastringue ;
C’est un mouchard qui veut fair’ le malin !
Il est venu pour troubler le métingue,
Le grand métingu’ du métropolitain !

Moi j’ tomb’ dessus, et pendant qu’il proteste,
D’un grand coup d’ poing, j’y renfonc’ son chapeau.
Il déguerpit sans demander son reste,
En faisant signe aux quatr’ municipaux
A la faveur de c’que j’étais brind’zingue
On m’a conduit jusqu’au poste voisin
Et c’est comm’ ça qu’a fini le métingue,
Le grand métingu’ du métropolitain !

Peuple français, la Bastille est détruite,
Et y a z’encor des cachots pour tes fils !..
Souviens-toi des géants de quarante-huit
Qu’étaient plus grands qu’ ceuss’ d’au jour d’aujourd’hui
Car c’est toujours l’ pauvre ouvrier qui trinque,
Mêm’ qu’on le fourre au violon pour un rien,
C’était tout d’ même un bien chouette métingue,
Que le métingu’ du métropolitain


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