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Ce qu’est le Kan ha diskan

« Kan ha Diskan » peut se traduire par « Chant et Déchant ». Il s’agit d’une technique de chant à danser particulière à certains terroirs du Centre de la Bretagne.

Elle est pratiquée par des couples de chanteurs : le « kaner » et le « diskaner » (au féminin : « kanerez », « diskanerez »).

Le « kaner » chante une phrase musicale. Le « diskaner » reprend la même phrase en « tuilant » : il commence à chanter avant que le « kaner » ait terminé. Puis le « kaner » attaque la deuxième phrase de la chanson, en tuilant à sont tour. La chanson se poursuit ainsi, « kaner » et « diskaner » chantent tour à tour, toujours en tuilant.

Le « kan ha diskan » se pratique uniquement a capella, comme toutes les chansons bretonnes.

Le but étant de faire danser l’assistance, il faut que les danseurs sentent les accents sur lesquels ils appuient leurs pas. Les chanteurs doivent adopter un phrasé musical adapté : c’est le style de la danse.

Les chanteurs doivent aussi savoir varier leur chant, maintenir le rythme, accorder les accents de la musique à ceux de la langue bretonne…

Tout le monde excusera une erreur dans les paroles (d’autant que, malheureusement, les brittophones sont de moins nombreux…). Par contre, rater un temps ou rompre le rythme constitue le péché capital !

Un kan ha diskan bien mené peut durer quinze minutes sans fatigue pour les danseurs. Quand tous les facteurs sont réunis (y compris un bon plancher !), certaines danses (« dañs plin ») peuvent même parfois conduire à une sorte de transe. En effet, le tuilage du « kan ha diskan » produit un continuum sans respiration, à la fois dynamique et lancinant.

Sous sa forme la plus pure, le « kan ha diskan » est appliqué à un nombre réduit de danses : les gavottes des montagnes et apparentées (Dardoup, Calanhel…), la « dañs Fisel » (une forme de gavotte de la région de Rostrenen), la « dañs Plin » (entre Guingamp et Saint-Nicolas-du-Pélem), et quelques autres, pratiquées dans les mêmes terroirs (Pachpi, Podoù Fer, Polka Plin, Kost ar C’hoat…).

D’autres formes de chant à répons existent dans toute la Bretagne. Mais sans le « tuilage » qui constitue la marque du « kan ha diskan ».

En pays vannetais, le « kaner » chante seul une phrase reprise par un groupe de chanteurs. En pays gallo (Haute Bretagne), le chanteur est parfois dans la danse ; c’est alors l’ensemble des danseurs qui répète le chant.

D’autre part, le « kan ha diskan » est traditionnellement chanté par deux personnes seulement. Mais des chanteurs célèbres, comme les Frères Morvan ou les Sœurs Goadec ont chanté avec un « kaner » et deux ou trois « diskaner ».

La pureté du style était autrefois garantie par le périmètre réduit des déplacements et la localisation précise des danses. Les chanteurs étaient très spécialisés sur un terroir, parfois sur une seule danse. Aujourd’hui, les chanteurs restent spécialisés, mais essaient de diversifier leur répertoire.


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